Initiative Carnac mai 2013
La participation des citoyens est, à mon sens, à favoriser pour l'élaboration des prochains programmes municipaux et intercommunaux qui vont de pair. Il n'y a pas à craindre de l'intervention et de l'action citoyennes dans l'espace public, au contraire elles nourrissent la réflexion collective et renforcent la démocratie délibérative. Elles obligent par contre au partage des pouvoirs et des savoirs. C'est la voie à suivre pour construire ensemble des possibles.

Construire ensemble des possibles au niveau local amène de fait à interroger le national, surtout lorsque les moyens alloués se voient réduits au nom de l'austérité imposée par l'Europe, en application de règles budgétaires contestables et contestées. Construire ensemble des possibles au niveau local contribue aussi à nourrir le débat pour une réelle transformation sociale.

Il est impératif pour moi de sortir du modèle conceptuel de la démocratie représentative donc délégataire, modèle qui se trouve conforté avec le renforcement de l'intercommunalité. Comment, en effet, les citoyens du Pays d'Auray seront en capacité de s'approprier des projets qui les concernent, en amont de ceux-ci, lorsque leur commune ne sera représentée que par 2 élus, que l'opposition municipale n'aura que peu de voix au chapitre, voir pas du tout car non représentée ?

Il ne s'agit pas dans mon propos d'opposer l'élu au citoyen mais de faire en sorte que l'un et l'autre soit, chacun à son tour, acteur et auteur du Vivre ensemble. Pour y parvenir il faut ouvrir les portes des lieux où s'opèrent les choix, accepter la participation des habitants, sous des formes à définir collectivement, à tous les échelons d'études, d'évaluation et de décision, et cela sans peur du conflit. Pour y parvenir il faut aussi travailler à impliquer celles et ceux qui sont les plus éloignés du débat public, de la chose publique. C'est en tout cas un enjeu politique face au désenchantement et au repli sur soi que l'on rencontre aujourd'hui tant le changement attendu s'étiole.