« Le nombre de demandeurs d’emploi Catégorie A est de 3 187 700 fin février 2013, soit + 10,8% sur un an », « Nous ne sommes pas loin du record de 1997 établi à 3 195 500», « La consommation des ménages est atone », « Le pouvoir d’achat a reculé de 0,8 % au dernier trimestre 2012 et baissé de 0,4% sur un an », « Un recul record de près de trente ans », « Forte hausse des impôts sur le revenu et le patrimoine », « Les cotisations sociales à charge des salariés s’accélèrent »… Voilà en quelques phrases ce que l’on peut retenir des notes de l’Insee ou de la DARES, ou des articles de presse parus récemment. Si l’on prend en compte la totalité des demandeurs d’emploi toute catégorie confondue, il n’y a pas de quoi se réjouir : nous en comptabilisons 5 610 000. Et notre territoire n’échappe pas à cette triste réalité : le nombre de demandeurs d’emploi catégorie A, B et C est aujourd’hui de 7 130 sur le bassin d’emploi d’Auray et a progressé de + 17 % en un an.

Graphe du chômage 2013Le Président Hollande entend infléchir cette tendance à la hausse d’ici la fin de l’année 2013. Son optimisme n’a pas de limite alors que les projections de nombre de prévisionnistes ne l’autorisent guère. Pour ce faire il veut s’appuyer sur les mesures prises par le Gouvernement depuis mai dernier. Il en est ainsi du pacte de compétitivité avec l’attribution d’un Crédit d’Impôt de Compétitivité et Emploi de 20 milliards aux entreprises sans contrepartie aucune. Comment croire à cette disposition, financée par les ménages (via la TVA…) et des réductions de dépenses publiques (gel et baisse des dotations aux collectivités locales...), qui complète la panoplie de cadeaux accordés aux patrons depuis des lustres, au regard des résultats passés en terme d’industrialisation et d’emploi avec les politiques d’exonération de cotisations sociales. En quoi cette disposition est-elle différente des autres ? En rien, elle conforte plutôt les tenants du partage de la richesse créée par le travail au profit du capital. Elle s’inscrit dans cette logique de transfert des cotisations sociales vers l’impôt ménage pour dégager les entreprises de leurs obligations de solidarité envers les travailleurs et la Nation. Ce n’est pas une disposition digne des valeurs que porte la Gauche.

Citoyens pliés par la bourseAutre mesure phare de compétitivité, la transcription dans la loi de l’Accord National Interprofessionnel sur la sécurisation de l’emploi du 11 janvier 2013. Là aussi il y a lieu de s’interroger en quoi cet accord améliore la situation des salariés quand on entend la patronne du MEDEF, qui exige que le texte soit ratifié en l’état par les Parlementaires, dire que « pour la première fois en France nous pourrons parler de flexisécurité ». Il est vrai qu’elle peut s’en satisfaire tant cet accord consacre les revendications du patronat ; mettre un coup de butoir dans le Code du travail, quelle aubaine, surtout lorsque la majorité de vos élus nationaux ont « le petit doigt sur la couture du pantalon ». Comment peut-on prétendre voir dans des baisses de salaires et/ou des hausses de la durée du travail, dans la possibilité de suspendre les clauses du contrat de travail avec une mobilité forcée, dans l’impossibilité de contester les choix de son employeur devant les tribunaux compétents des avancées favorables aux salariés et au maintien de l’emploi. Acter cet accord c’est sécuriser les procédures de licenciements pour le patronat, c’est faire le choix du chômage et de la pauvreté pour le plus grand nombre. Ce n’est pas digne des valeurs que porte la Gauche.

Sauf à vouloir paraître au Guinness des records, l’urgence appelle à faire barrage à cette politique d’austérité qui tue la croissance et nourri les haines et les peurs que l’on retrouve dans le vote des dernières élections législatives partielles. Poursuivre dans cette voie est lourd de menaces pour la République. Jean Jaurès a dit que « la République se perd si les républicains se retrouvent avec les réactionnaires contre le monde ouvrier ». La gauche socialiste serait inspirée de s’en souvenir.

Print - copieLe Front de Gauche pour sa part s’oppose à cette politique d’austérité et s’engage dans une campagne pour faire entendre qu’une autre politique à gauche est possible, est nécessaire, une politique qui donne priorité aux besoins sociaux et environnementaux, une politique qui rompt avec le libéralisme de la commission européenne et avec la financiarisation de l’économie, pour l’Humain d’abord.