Le Conseil Municipal a été sollicité pour confier à un prestataire privé une étude pour installer des caméras en ville (coût entre 12 000 € à 20 000 €) et demandé une subvention auprès de l’Etat dans le cadre du Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance. J’ai voté contre et dit qu’«à la lecture de ce bordereau, vous avez pris, semble t’il, la décision d’installer la vidéo-protection. Pour autant ce bordereau suscite plus de questions qu’il n’apporte de réponse. Avant de solliciter l’accord du Conseil Municipal pour cette étude, il eut été pertinent de nous présenter le diagnostic sécurité qui a été réalisé récemment si j’en crois ce qui vient d’être dit, diagnostic qui est un préalable incontournable à toute phase préparatoire à l’installation de caméras en ville. Il est par ailleurs surprenant que ce soit un organisme privé qui définisse la politique sécurité de la ville, qui décide des endroits où installer les Video protectioncaméras. C’est du moins ainsi que je lis le bordereau. J’ai souvenir que c’est le diagnostic sécurité que nous avions fait réaliser par la gendarmerie en 2010 qui listait les emplacements susceptibles d’être équipés de caméras. Je rappellerai qu’à l’issue de ce diagnostic, des mesures ont été prises au regard des faits délinquants, principalement des dégradations des biens publics : renforcement de clôtures, pose d’alarme anti intrusion et de la télésurveillance, renforcement des portes avec pose de grilles dans certains bâtiments (l’équipement sport d’adresse par exemple) et la vidéo-protection à Ty Coat en raison de la configuration des lieux. Avant d’installer un système de vidéo-protection, car des caméras ne sont que des outils, il serait bon de définir l’organisation humaine qui va accompagner ces outils et comment ceux-ci seront utilisés. J’ai bien compris qu’il n’est pas question de centre de supervision. La vidéo-protection ne supprime pas les problèmes d’incivilités et de délinquance. Certes, elle en atténue les effets mais, aussi, elle les déporte. Nombre d’études le révèle, la vidéo-protection a très peu d’impact dans les espaces étendus, non fermés. Enfin à cette heure où l’on ne parle que de mutualisation, as t’on envisagé une approche intercommunale dans la mesure où des problèmes ont été soulevés dans les zones d’activités du territoire ? ».

Pour moi, il est en effet surprenant de décider la mise en place d’un système de vidéo-protection sans que soit présentée aux élus la situation exacte de la délinquance à Auray et listés les moyens disponibles à disposition et mis en œuvre pour mener des actions de prévention et de dissuasion. De plus, est-ce utile de dépenser de l’argent public de manière disproportionnée dans la mesure où, selon les dires du maire, les faits de délinquance sont en forte Eclairage publicdiminution à Auray. Des feux de poubelles justifient-ils à eux seuls une telle décision ? En 2010, la gendarmerie soulignait l’importance de l’éclairage public comme facteur de sécurité et aujourd’hui celui-ci sera éteint la nuit dans bons nombres de quartiers : où est la cohérence ? Il faut plutôt voir dans cette décision un choix politique sécuritaire et électoraliste.

Autre point ayant appelé à commentaire : l’adoption du projet d’Aire de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine (AVAP) de la ville d’Auray pour être soumis à enquête publique. Cette AVAP a pour objet de promouvoir la mise en valeur du patrimoine bâti et des espaces dans le respect du développement durable. Elle est fondée sur un diagnostic architectural, patrimonial et environnemental. La traduction de ces objectifs se fait au travers d’un règlement qui comporte les prescriptions à suivre pour les constructions existantes ou à venir en cas de travaux. J’ai dit : « Tout d’abord je tiens à saluer le travail réalisé par Monsieur Wagon et les services municipaux. Comme dit dans le bordereau et lors de la présentation de celui-ci par le 3ième adjoint, c’est la précédente municipalité qui a pris la décision en 2012 de réviser la ZPPAUP en même temps que le PLU de la ville d’Auray. Pour autant le fait d’en avoir la paternité ne conduit pas à approuver dans sa totalité le projet d’AVAP qui nous est soumis. Pour avoir participé à l’ensemble des travaux d’élaboration des documents et je vous remercie monsieur le maire de m’y avoir associé, je peux dire que le contenu des documents de l’AVAP est pertinent et répond à la problématique posée, à savoir la promotion et la mise en valeur du patrimoine alréen ; d’autant plus que le périmètre de l’AVAP est supérieur à celui de la ZPPAUP qui a permis de préserver du patrimoine. C’est une bonne chose d’avoir intégré dans ce périmètre de nouvelles Port_St_Goustan.JPGrues comme De Gaulle, J.Jaurès, Parco Mallio, docteur Calmette et Hoche. Je peux dire aussi que le contenu dans son ensemble est partagé, ce qui ne veut pas dire consensuel. Des points de désaccords existent notamment la question du tracé de la voirie d’accès à Saint Goustan, ou encore, c’est mon sentiment, certains ajustements qui pourraient laisser à penser que la ville veuille satisfaire la réalisation de certains projets immobiliers, ou du moins ne pas les rendre impossibles (disparition d’arbres remarquables, classement de bâtis…). Donc un contenu pertinent et partagé mais peut-il se traduire opérationnellement ? Et c’est là toute la question : avec un périmètre agrandi, des règles assez rigoureuses dans certains domaines, notre service urbanisme a t’il tous les moyens nécessaires pour ce faire ? Il ne s’agit pas de porter un regard négatif sur le service en question, au contraire, mais il n’y a rien de plus négatif qu’un règlement que l’on ne peut pas appliquer. Pour finir, au regard des coûts des travaux induits par l’AVAP, il serait judicieux de réfléchir à l’aide financière que peut apporter la puissance publique aux propriétaires concernés».

L’opposition municipale s’est abstenue.