L’usine de traitement des déchets de Plouharnel, d’une capacité de 31 500 tonnes à l’année, construite en 1970 et qui a fait l’objet d’opérations de mise aux normes en 2000 et 2006, est exploitée par le biais d’un marché public qui expire en décembre 2014. Dans le cadre du Plan Départemental d’Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés du Morbihan, suite à une étude prospective une modernisation de l’actuelle UIOM a été actée avec comme objectif de valoriser au maximum les déchets, notamment par le biais d’une production d’énergie électrique (recette garantie de 643 200 € HT/durée du marché qui est de 13 années). Le montant de l’investissement de cette opération est de plus de 16 millions d’euros HT.

Bac poubellePour information, à la lecture du rapport annuel 2012 établi par le SMABQP, les tonnages collectés pour l’ensemble des 24 communes du syndicat mixte sont de 2391 T pour les Journaux Revues Magazines (1374 T en 2004), de 5567 T pour le Verre (4664T), de 2094 T pour les emballages légers, les sacs jaunes donc le tri (1071 T) et de 23 798 T pour les Ordures Ménagères (27 165 T). Ce qui donne 310,8 kg de déchets par habitant pour 2012 (92,3 kg pour la collecte sélectives des déchets et 218,5 kg pour les OM). En 2004 les ratios par habitant étaient respectivement les suivants : 426,8 kg, 88,2 kg et 338,6 kg. S’y ajoutent les déchets déposés en déchèterie en 2012: un total de plus de 48 000 Tonnes (36 500 T en 2004), soit un ratio par habitant de 441 T constitué à 37 % de déchets verts, 33 % de gravats, 17,6 % de tout venant et le reste se répartissant entre le bois, la ferraille, le carton et autres matières. Ces déchets dans leur totalité sont soit incinérés (les 23 798 T d’OM), enfouis (gravats…), recyclés ou valorisés (ferraille…). A noter que 27 190 tonnes d’OM ont été incinérées à l’usine de Plouharnel en 2012 en raison d’apport de collectivités autres notamment la Communauté de Communes Bellevue Blavet Océan où depuis janvier 2012 a été instituée la tarification incitatrice. Le financement du service de gestion des ordures ménagères dans leur totalité est essentiellement assuré par la REOM pour les communes de la Communauté de Communes de la Ria d’Etel, et par la TEOM pour les ménages et la redevance spéciale pour les professionnels pour les autres communes du syndicat mixte. Le coût du service est de 12 163 570 €, il se réparti entre la collecte (7,9 M€) et le traitement (4,2 M€).

Ces quelques données chiffrées situent les enjeux pour les années à venir, à savoir comment optimiser la future usine de traitement dans la mesure où il faut instaurer une tarification visant à réduire les quantités de déchets produites, notamment les Ordures Ménagères incinérées, grâce à un meilleur tri, sans accroître la pression fiscale, tout en assurant l’équilibre budgétaire du service de gestion de traitement (pensez donc aux actionnaires de la société privée en l’occurrence à qui est confiée l’exploitation de cette usine, les malheureux). Voilà un exercice à soumettre aux candidats aux élections de mars 2014.

L’autre question à poser, qui découle de la précédente, est de savoir comment et quand les usagers de ce service public seront informer, voire mieux, associer. Ce besoin de faire participer les habitants du territoire, de co-construire avec eux un service de gestion des déchets ressort avec force de l’enquête réalisée il y a peu par la CLCV auprès de foyers résidant dans 4 collectivités locales ayant mis en place la tarification incitatrice. Ce qui amène la CLCV à plaider pour que la mise en œuvre de ce dispositif s’accompagne d’un processus systématique de consultation et d’association du public. Aujourd’hui sur le territoire du syndicat mixte ABQP le puçage des bacs marron à Ordures Ménagères est engagé et des tests sont prévus sur deux communes. Hormis les élus, qui est au courant ?